Les aventures de Perrine et de Charlot【電子書籍】[ Marie-Claire Daveluy ]

Les aventures de Perrine et de Charlot【電子書籍】[ Marie-Claire Daveluy ]
<p>Perrine, la bonne petite Perrine se sent bien malheureuse !… La voil? seule au monde avec son fr?re Charlot, un mioche de six ans. Elle-m?me ne compte que huit ann?es. ?a n’est vraiment pas tr?s vieux pour avoir charge d’?me. Car sa m?re, en mourant, lui a confi? son benjamin, son gentil et remuant Charlot. Elle doit veiller sur lui avec le plus grand soin, et, quoi qu’il arrive, ne jamais, jamais le quitter. Perrine a promis d’ob?ir. Elle l’a promis de tout son coeur. Elle se rappelle quel sourire d’infini contentement a illumin? la figure de sa m?re. C’est qu’elle pouvait, en effet, la maman si p?le et si triste de Perrine, se rassurer et quitter ses ch?ris, le coeur lourd de peine, mais l’esprit bien en paix, Perrine avait promis…</p> <p>Quel coeur d’or elle a, cette Perrine ! Et avec cela, il faut voir, intelligente, fine, avis?e ! Une vraie normande ! D?brouillarde comme pas une, tr?s tenace, le plus souvent silencieuse, elle passe, gr?ce ? ses mani?res discr?tes et douces, ? travers toutes sortes de difficult?s. On l’adore, dans le paisible village d’Offranville. Il ne se trouve personne, d’ailleurs, qu’elle n’ait oblig?. Aussi, depuis la mort de sa m?re, Perrine voit-elle monter chaque soir, au son de l’ang?lus, une vieille femme tendre et pitoyable. Elle rentre au foyer des orphelins, pour y passer la nuit. L’on ne peut se r?signer, ? Offranville, ? laisser les enfants seuls et apeur?s lorsque l’ombre et le silence enveloppent toutes choses.</p> <p>Perrine soupire. H?las ! en ce bel apr?s-midi de mars, alors qu’un soleil joyeux p?n?tre dans la maison endeuill?e, que l’on voit dans le sentier fleurir les primev?res, son coeur se serre d’angoisse. Les deux grandes douleurs de sa vie p?sent sur sa petite ?me. Les souvenirs heureux d’autrefois remontent ? son esprit avec une pr?cision qui lui fait mal. Qu’ils ont ?t? courts, ces instants de bonheur !… De grosses larmes voilent les yeux de Perrine. Elle revoit son p?re… Son p?re bon, patient, courageux, dur ? la t?che, et qui rentrait quand m?me, le soir, une chanson sur les l?vres. Comme il l’aimait sa blonde Perrine, sa petite pr?f?r?e ! Comme il baisait souvent les candides yeux bleus, qu?teurs d’affection, qu’il appelait ≪ ses deux pervenches d’amour ! ≫ Il ne voyait rien au-del? de son foyer, ce p?re bien-aim?, rien qu’il put ch?rir davantage que les ?tres qu’il y abritait. Pourtant, il l’avait quitt? tr?s t?t et sans qu’une b?n?diction supr?me e?t tomb? sur les t?tes enfantines. Un soir, ー il y avait de cela deux ann?es, ー on avait rapport? le vaillant travailleur sur une civi?re, sans mouvement, sans vie, d?j? froid !… Perrine frissonne ? ce souvenir. ≪ Un accident de travail, le pauvre malheureux s’est abattu sans un geste, sans un cri, ≫ avaient d?clar?, devant elle, les voisins. Ils penchaient tristement la t?te, tandis qu’ils d?posaient le cadavre sur un lit d’apparat. Oublierait-elle jamais l’affreuse sc?ne, l’aimante Perrine ?… Oh ! son p?re, son p?re ador?, comme cela lui avait paru cruel de ne plus le voir appara?tre, de ne plus entendre sa voix r?confortante…</p> <p>Perrine revoit maintenant sa m?re. Elle se la rappelle, douloureuse et muette, durant les premiers mois qui suivirent le tragique accident. Puis, bient?t, comme ses joues se creus?rent, comme ses yeux s’agrandirent,… chaque jour davantage… Elle toussait sans cesse,… elle pleurait… Parfois elle pressait sur son coeur Charlot, puis elle aussi, Perrine, et, d’une voix faible, lente, disait : ≪ Mes petits, mes chers petits, que je voudrais vivre, vivre pour vous… Mais je sens bien que je ne le pourrai pas… J’ai trop de chagrin, voyez-vous… Mon chagrin me tue ! ≫ Elle joignait leurs mains, ? qu’elle se souvenait clairement de tout cela, Perrine ! ー et les faisait prier ce mis?ricordieux J?sus qui aime les petits enfants, leur coeur pur, leurs paroles simples et confiantes. ≪ Il vous prot?gera, mes ch?ris, disait-elle, lorsque je ne serai plus l?. Priez-le toujours ainsi en souvenir de moi. ≫ Puis, la mort ?tait venue…</p> <p>Mais, par ce lumineux apr?s-midi de mars, si Perrine ressent une telle d?solation en son coeur, en se rappelant ses peines, c’est qu’un ?v?nement redout? va s’accomplir. Ses parents, Perrine n’en ignore rien, n’avaient point de fortune. Il y avait bien, ー et la petite fille regarde de tous les c?t?s, craignant m?me qu’on ne lise dans sa pens?e, ー il y avait bien un bas de laine contenant des pi?ces d’or, que sa m?re lui avait remis, une semaine avant sa mort… Mais Perrine devait le cacher, n’en souffler mot ? personne, en user en cas de n?cessit? extr?me ! Charlot, surtout, avait dit sa m?re, Charlot encore trop petit, ne devait pas ?tre mis dans le secret.</p> <p>Donc, la pauvret? des orphelins avait ?mu les habitants d’Offranville. On s’?tait r?uni chez le cur? et le notaire avait ?t? pri? de tenter des recherches concernant la famille du p?re ou de la m?re des petits. Ces d?marches avaient r?ussi. L’on avait appris qu’une vieille tante, fort riche, habitait Dieppe. Elle r?pondit favorablement ? la lettre du notaire, mettant comme condition, si elle se chargeait de l’avenir des enfants que, d’abord, on les conduirait pr?s d’elle ; puis, qu’elle aurait toute libert? de les ?lever ? sa guise. Le notaire, sur les conseils du cur?, accepta, et promit de les amener lui-m?me, ? Dieppe, tr?s prochainement. Perrine et Charlot devaient donc dans la journ?e du lendemain quitter la maison d’Offranville.</p> <p>Or, Perrine se rappelle fort bien cette vieille tante, veuve depuis plusieurs ann?es. Elle est d’un caract?re acari?tre, dur, impitoyable aux petites faiblesses, tr?s avare. Elle hait les enfants. Ne lui rappellent-ils pas un fils idol?tr?, mort ? l’?ge de six ans ? Le chagrin lui a perverti le coeur.</p> <p>Perrine tressaille. Six ans ! L’?ge de Charlot ! Alors elle le fera peut-?tre souffrir le cher petit ?…</p> <p>Que faire, que faire ?… De plus, Perrine sait que cette parente ne pouvait souffrir sa m?re. Tout simplement parce qu’elle n’avait pas apport? d’argent dans sa corbeille de noces. La tante ne pardonnait pas au fils de sa soeur, d’avoir ?pous? ≪ une pauvre gueuse, ≫ disait-elle sans piti?. Elle avait r?v? d’un si beau mariage pour son neveu, d’une riche h?riti?re. Et peu importe qu’il l’aim?t ou non. Plus tard, elle avait refus? de recevoir le jeune couple… ≪ v?tu trop sordidement, avait-elle d?clar? en ricanant, pour ses salons, et les invit?s qu’elle y recevait. ≫ ー Mon Dieu, mon Dieu, reprend int?rieurement Perrine, ne nous viendrez-vous pas en aide ? Comme nous allons souffrir ! Nous n’avons plus que vous, mon Dieu, inspirez-nous !…</p> <p>Ah !… Deux bras se nouent ? son cou. Une petite voix claire, l?g?rement imp?rieuse, prononce ? son oreille : ≪ Perrine, pourquoi tu pleures, dis ?… Perrine, Charlot s’ennuie. Tu ne ris jamais. Tu ne veux plus jouer. ≫ Et Perrine, la bonne petite Perrine essuie ses yeux et sourit ? Charlot. N’est-il pas maintenant ce qu’elle a de plus cher au monde ? Elle le prend sur ses genoux.</p>画面が切り替わりますので、しばらくお待ち下さい。 ※ご購入は、楽天kobo商品ページからお願いします。※切り替わらない場合は、こちら をクリックして下さい。 ※このページからは注文できません。

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